Lettres - Les pneus du métro

Je vous écris après avoir lu les deux articles de Mme Jeanne Corriveau publiés dans le Devoir du 15 décembre concernant l'intérêt d'une société chinoise pour le contrat de renouvellement des voitures du métro de Montréal.

L'un de ces articles fait directement référence à la technologie sur pneumatique qui serait devenue désuète et coûteuse avec le temps. Madame Corriveau affirme que le métro montréalais est condamné par cette technologie à rester sous terre, ce qui ferait grimper le coût de tout prolongement. Elle prend pour exemple le prix moyen de 150 millions du kilomètre, en comparaison de celui du tramway, estimé à 43 millions du kilomètre. Sans remettre en cause les conditions climatiques de la métropole qui rendent difficile la construction d'un métro aérien, surtout avec la technologie pneumatique; l'exemple donné n'est pas le meilleur. Les infrastructures d'un tramway sont beaucoup plus légères que celles d'un métro, qu'il soit souterrain ou aérien, et il est donc normal que ces dernières soient plus chères à construire. Il s'agit de deux modes de transports différents et ne peuvent donc être comparés. Il aurait été plus judicieux de comparer avec le prix du prolongement York-Spadina du métro de Toronto. Celui-ci a une technologie fer sur fer et le prolongement de 8,6 km est estimé à 2,6 milliards, soit 302 millions du kilomètre (source: site Web de la Commission des transports de Toronto, ttc.ca), c'est-à-dire le double.

De plus, le projet de métro automatique du grand Paris (une double boucle de 130 kilomètres reliant entre eux les différents pôles d'activités de la région parisienne) est estimé à 20 milliards d'euros, soit 150 millions d'euros du kilomètre (230 millions de dollars). Ce projet sera en grande partie souterrain et utilisera la technologie pneumatique. Il sera moins cher à construire que le projet torontois. Le projet de la Zhuzhou Electric Locomotive est certes moins cher, mais forcerait la STM à changer l'ensemble de ses voies. L'économie réalisée par l'achat de ces wagons serait perdue. De plus, le prix d'un prolongement avec la technologie fer sur fer n'est pas nécessairement plus économique que celui avec la technologie pneumatique. Si cette dernière est si obsolète, pourquoi le gouvernement français l'utilise-t-il?

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Serge Poirier - Paris, le 15 décembre 2009

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