Lettres - Un enterrement musical

En me rendant au Grand théâtre de Québec pour assister au spectacle Douze Hommes rapaillés chantent Gaston Miron, je m'attendais à une célébration de sa poésie. Quelle ne fut pas ma déception devant ce spectacle de certains artistes qui semblaient plus préoccupés de faire leur «trip» musical à eux que de servir d'accompagnement discret à cette poésie qui porte en elle sa propre musique.

À part quelques instants de grâce au cours desquels quelques chanteurs ont prêté avec justesse leur voix à l'auteur, parfois a capella, j'ai plutôt eu l'impression de me retrouver devant un fatras de sons, de battements de tambours et de timbales, et de voir des musiciens s'acharner sur leur clavier ou leur guitare en ayant recours à des crescendo répétitifs et exaspérants. On a détourné l'attention des textes. On était loin des interprétations subtiles et passionnées des poèmes de Miron auxquelles Chloé Sainte-Marie nous a habitués. Dommage qu'on ait assisté à l'enterrement musical de sa poésie.

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Claude Trottier, Québec, le 25 novembre 2009

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