Lettres - Le monarque bat de l'aile

L'effet papillon peut-il transformer les battements d'ailes du monarque Charles au Canada en ouragan en Angleterre? Nul ne sait si c'est par dérision que le prince de Galles s'est dit profondément touché par l'accueil chaleureux qui lui a été réservé dans sa présente visite au Canada. Les foules à ses passages sont faméliques et l'intérêt qu'il suscite est totalement effacé par l'arrivée de la plus récente variété de grippe. Un virus dont le nom est un assemblage de chiffres et de lettres est actuellement beaucoup plus intéressant que la famille royale au Canada.

Il va sans dire qu'au Québec, la situation est encore pire. Selon les derniers sondages, plus de trois Québécois sur quatre croient que la royauté est inutile. Le passage du couple royal à Montréal laisse Pauline Marois indifférente. Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a pour sa part déclaré qu'il fallait se défaire de la monarchie, un système qui appartient au passé. Il a même décliné une offre de partager un repas en compagnie des Anglais.

Fidèle à elle-même, la Société Saint-Jean-Baptiste égayera la galerie en faisait des pitreries qui ne manqueront sûrement pas de faire rire le couple princier. Ce ne sont pas les simagrées inoffensives de quelques descendants du peuple conquis qui feront sourciller le prince Charles et Camilla Parker-Bowles, qui ont su disposer de la très populaire princesse Diana.

Mais quelle chose pourrait pousser les monarques anglais à s'envoler du Canada? Les émeutes qui avaient éclaté en 1964 lors de la visite de la reine Elizabeth II dans la ville de Québec n'ont pas réussi. Le déshonneur de l'indifférence peut-il suffire? Après tout, il ne faut pas oublier que pour l'honneur, l'Angleterre est allé récupérer au prix de centaines de vies humaines les Malouines, qui avaient été reprises par l'Argentine sans effusion de sang. Le déshonneur pourrait-il les amener au geste inverse au Canada?

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