Lettres - Utopisme et manque de Vision (Montréal)

Les résultats de la dernière élection municipale me laissent bouche bée. C'est à croire que les Montréalais ont soudainement été contaminés non pas par le H1N1, mais par une triste maladie digne de J. Saramago qui nous rend aveugles et sourds. C'est comme si les grands titres des journaux ou des nouvelles du petit écran relatant la corruption au sein de Vision Montréal ne nous avaient pas rejoints.

Comme des zombies (ou peut-être est-ce des relents de l'Halloween), un maigre 40 % s'est dirigé aux urnes pour réélire un parti qui n'aurait pas dû remettre les pieds à l'hôtel de ville montréalais. Un seul parti non terni par les derniers scandales aurait dû gravir les escaliers du 275, rue Notre Dame Est. Il semble que nous ayons manqué de courage politique pour croire au renouveau, en étiquetant les membres de ce parti d'utopistes. Depuis quand utopisme rime-t-il avec «incapacité à gérer» et «mauvaise gestion des fonds publics»? Dans mon livre, ce mot est plutôt synonyme de création, d'imagination, de «savoir conjurer des projets innovateurs à partir du même budget que la vieille garde de Tremblay malmène depuis beaucoup trop longtemps» (d'ailleurs n'est-il pas temps d'imposer une limite au nombre de mandats que peut briguer un candidat à la mairie?).

Je me réveille donc ce matin avec un Montréal statu quo, un Montréal qui n'a pas su croire que notre belle ville a plus de potentiel que ce que veut bien en faire Vision Montréal, que notre belle ville mérite de rêver un peu en un avenir meilleur, que notre belle ville est un plus beau projet (Montréal).

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