Lettres - Une occasion ratée

Je voulais « allumer » nos élèves: les 1160 de Franco-Cité, les 450 qui, quotidiennement, poussent les tourniquets de la bibliothèque. Il n'y a pas tous les jours une mission poétique sociale en orbite.

Je voulais les faire rêver avec un concours de poésie spatiale et les conscientiser sur les problèmes d'eau; plus d'enfants meurent du manque d'eau chaque jour que des guerres sur la Terre. Quelle aventure que de voir un nez de clown, un clown milliardaire faut le dire, réciter un poème d'un poète d'ici pour parler de l'eau pour tous.

Je sollicite donc l'aide de One Drop, du Cirque du Soleil. Une représentante m'appelle pour dire que ce n'est pas possible. Pas une goutte! Pourtant, je ne demandais pas la lune: quelques t-shirts, des affiches, des plumes de la fondation One Drop pour sensibiliser nos jeunes. « Vous pouvez toujours les acheter », me dit-elle... Un voyage coûtant 36 millions, mais pas d'argent pour nous donner quelques réverbères pour allumer nos 1160 jeunes!

Et la poésie planétaire alors? Pas un mot dans notre langue! Quelle occasion ratée de dire à la planète que nous sommes toujours là. Mais quel succès commercial! Des experts en commercialisation estiment à

100 millions les retombées publicitaires pour le Cirque. Beau retour sur l'investissement!

Le cracheur de feu a bien failli allumer nos jeunes. « Too bad », M. Laliberté. Ce sont nos enseignants, sans nez de clown, qui vont continuer à inspirer nos jeunes, de la beauté de notre langue et des misères des enfants assoiffés.

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