Nier un traumatisme

J'aimerais savoir pourquoi vous persistez à nier l'existence du traumatisme de la Conquête chez les Québécois. Si celui-ci n'existe pas, comme vous persistez à l'affirmer depuis des décennies, comment expliquez-vous la réaction épidermique des Québécois relativement au projet de la Commission des champs de bataille de reproduire la bataille du 13 septembre 1759, le printemps dernier?

Pourquoi persistez-vous à nier qu'il serait très pertinent pour vous de considérer l'étude de l'inconscient collectif des Québécois d'aujourd'hui pour y vérifier la présence encore bien vivante de ce traumatisme? De plus, sans insister davantage là-dessus, pourquoi certains d'entre vous, détenteurs d'une chaire canadienne d'étude, ont-ils fortement contribué à concevoir «scientifiquement» le cours d'histoire pour nos élèves de 4e secondaire, afin d'en extirper le contenu (les conflits) qui pourrait justifier l'étude du traumatisme causé par la Conquête britannique?

Tous les professionnels qui travaillent sur les traumatismes individuels comme collectifs vous diront unanimement qu'en présence d'un traumatisme, l'attitude la moins pertinente est de le nier.

Chers historiens et historiennes du Québec, pourquoi continuez-vous à nier l'évidence?

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