Pour réduire les foutus emballages

Lettre à la ministre de l'Environnement du Québec, madame Line Beauchamp

Je suis un citoyen qui s'efforce de faire quelques gestes concrets pour l'environnement. À la suite des nombreuses campagnes de sensibilisation et d'information, j'essaie d'utiliser moins ma voiture, de recycler, j'ai même commencé à composter et j'emmène mes sacs réutilisables à l'épicerie. Et c'est là que le bât blesse.

Mes sacs réutilisables se remplissent de produits emballés dans une débauche de couleurs et de matières. Même les fruits et les légumes font maintenant l'objet d'une telle attention. Certains emballages sont transparents pour mettre en valeur le produit alors que d'autres étalent une palette de couleurs pour le rendre plus alléchant au consommateur que je suis. La conséquence est la suivante: mes bacs de recyclage sont de plus en plus remplis. En quelques années, je suis passé de un à deux, puis à trois bacs de recyclage.

L'industrie fait preuve d'ingéniosité et de créativité pour offrir de beaux emballages qui protègent bien le produit (au point même qu'il faut parfois un coffre à outils pour en venir à bout), facilitent sa manipulation et surtout le font vendre. Et ce serait uniquement à moi, citoyen consommateur, de faire les gestes nécessaires pour recycler le tout?

Il serait temps que l'offre de produits de consommation tienne compte de l'environnement, pas seulement dans des dépliants qui se disent «verts». Ce n'est pas au citoyen consommateur à assumer presque seul la responsabilité de l'environnement par ses choix ou ses gestes. Les entreprises doivent être incitées à collaborer — la crise actuelle est l'occasion d'un virage vert — et à mettre leur ingéniosité et leur créativité au service de l'environnement. Le résultat pourrait être surprenant.

À quand, Madame la Ministre, un règlement pour réduire, simplifier et réutiliser les emballages?