Grâce à L'Erreur boréale

Bien rassurant, réjouissant même, de voir à quel point Guy Chevrette, qui le démontre encore une fois par son texte du 6 juillet dans Le Devoir, semble avoir à coeur «la pérennité de nos forêts, première dimension du développement durable». Moins rassurant est de voir à quel point il lui importe de discréditer la voix de Richard Desjardins alors qu'on s'entend généralement pour reconnaître en ce grand poète qu'il est, par son engagement et son attachement au territoire, celui qui a contribué le plus efficacement à sensibiliser la population du Québec à la valeur et à la richesse de la forêt boréale.

M. Chevrette a certainement raison de dire «qu'une solide crédibilité s'appuie sur des faits réels»; on peut en dire autant d'une solide réputation de laxisme, ce que Richard Desjardins s'est appliqué sérieusement à démontrer par son travail documentaire au sujet de la gestion de la forêt québécoise. Jongler avec des chiffres peut aussi bien servir à informer qu'à confondre, nous savons cela maintenant, et c'est facile pour qui c'est le métier. L'important est que les choses aient changé «après» L'Erreur boréale, donc grâce en bonne partie à la vigilance de Richard Desjardins.

Il est étonnant que M. Chevrette, en souverainiste de la première heure, ne reconnaisse pas dans le travail de sensibilité des poètes leur apport bien réel dans l'attachement au territoire; par cette froideur comptable, il prouve qu'il est encore bien nécessaire de ne pas baisser la garde sur les activités des gestionnaires de la forêt.

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