La STM vend son âme pour des dollars

En entrant dans la station de métro Henri-Bourassa par l'entrée rue Berri, je me suis retrouvé face à quatre personnes qui, devant un kiosque, m'offraient une carte de crédit. Quand on pense que la situation économique précaire de bien des gens à l'heure actuelle est due au crédit personnel et que la crise économique mondiale est en partie due au crédit hypothécaire consenti aux États-Unis à des gens qui n'avaient pas les moyens de s'offrir une maison, c'est scandaleux. La Société de transport de Montréal (STM), notre transporteur public, offre des espaces aux vendeurs du temple de tout acabit: des vendeurs de babioles qui se retrouveront vite à la poubelle tellement elles sont de mauvaise qualité tout en vantant son virage vert; des entreprises qui tapissent ses murs d'affiches publicitaires de toutes sortes, ses rampes d'escaliers mécaniques et même ses planchers, véritable pollution visuelle et pression à une consommation à outrance.

La STM invoquera sans doute ses problèmes budgétaires pour justifier de tels gestes. C'est la solution facile plutôt que de mobiliser sa clientèle pour revendiquer des budgets plus élevés de tous les ordres de gouvernement pour du transport collectif écologique. C'est également plus facile que de demander des concessions sur les salaires et les avantages sociaux de ses dirigeants et de ses employés, qui sont privilégiés par rapport à beaucoup d'utilisateurs du métro qui n'en finissent plus d'assumer les hausses de tarif ou qui carrément ne peuvent plus se payer le transport en commun. La prochaine étape est-elle de nous estampiller une pub sur le front lorsque nous prenons le métro? Faut-il en appeler à Jésus pour chasser les vendeurs du temple des propriétés publiques que sont celles de la STM?

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