Le formidable optimisme de l'électeur

En mélangeant, au sujet de Michael Ignatieff, les savoureuses caricatures de monsieur Garnotte, la chronique de Michel David et l'éditorial de monsieur Jean-Robert Sansfaçon d'hier, ainsi que des informations glanées à gauche et à droite, un portrait de ce chef de parti commence à se préciser pour la simple électrice.

Il s'agit d'une sorte de réincarnation de Pierre Elliot Trudeau, un intellectuel à la pensée agile sous le charme duquel plusieurs risquent de tomber et qui parvient aisément à «concilier les contraires» dans l'abstrait. Mais, «c'est une tout autre affaire dans la réalité des faits» et Ignatieff n'a jamais vraiment précisé quels pouvoirs il reconnaîtrait à la nation québécoise. Son discours fait germer une pomme de discorde au sujet du savoir et pour le PLC, nommer à sa tête un professeur d'université ne suffira pas pour «retrouver la virginité perdue» et faire oublier aux Québécois «la vieille clique libérale du Québec, hargneuse et pourrie jusqu'à l'os». Mais le malheur est que l'électeur a besoin de croire et veut voir en d'horribles crapauds son prince charmant, il espère que cette nouvelle apparition ne soit pas un mirage.

Il me semble qu'il y aurait mieux à faire de ce formidable optimisme que de continuellement le tromper.

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