L'éthique de Jean Charest: avancez en arrière!

En 2003, juste après l'élection de son gouvernement majoritaire, M. Charest nous annonçait avec fierté que son plan de réingénierie de l'État «lui» permettrait de tourner la page sur les années 1960 et la Révolution tranquille.

Avec un peu de recul, on comprend mieux aujourd'hui ses propos d'alors, que l'on peut aisément traduire par l'éradication systématique de nos fleurons nationaux, héritage de la Révolution tranquille, au profit du secteur privé.

L'assurance maladie de Claude Castonguay: privatisation graduelle des soins de santé; la Caisse de dépôt et placement de Jacques Parizeau: fonds publics dilapidés; l'Hydro-Québec de René Lévesque: privatisation de la fourniture d'électricité avec les éoliennes, n'en sont que quelques exemples éloquents.

Cette forme de réingénierie nous conduit pas à pas, inéluctablement, à l'ère pré-Jean Lesage, aux gouvernements des Paul Sauvé et Antonio Barette, où les discours sur la nationalisation empourpraient les orateurs politiques.

Mais là, c'est le clou! Avec son éthique flexible et le conflit d'intérêts élastique, il nous ramène à l'Union nationale de Maurice Duplessis, à la période de la Grande Noirceur et du patronage empirique.

Lorsque Jean Charest dit qu'il tourne la page, il faut s'en méfier! Son livre est un manga, il se lit à l'envers. D'ailleurs, il n'a jamais précisé, «monsieur Éthique», dans quel sens il la tournait, cette page.

Ouf, on est loin de Spinoza!

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