Le mois de l'autisme?

Ai-je réellement entendu? Vous avez bien dit que le mois d'avril était celui de l'autisme? Ah bon. Je n'avais pas remarqué. Il paraît même que la journée du 2 avril était LA journée de la sensibilisation de l'autisme à l'échelle mondiale.

J'ai eu beau chercher des articles à ce sujet, feuilleter des revues, naviguer sur Google, je n'ai presque rien trouvé. C'est vrai que, si vous n'êtes pas touchés, pourquoi vouloir entendre parler d'enfants qui restent sur des listes d'attente interminables, qui ne reçoivent pas toujours les soins appropriés avant l'âge de cinq ans, faute d'effectif suffisamment bien formé pour répondre à la demande grandissante.

Avec l'économie qui vacille, le G20, l'enseignement du français dans les écoles, l'autisme n'est pas un sujet trop vendeur, je vous l'accorde. Où s'en va-t-on comme société? Les médias nous ont-ils abandonnés? Si je vous disais qu'une personne sur 167, à l'échelle mondiale, est atteinte d'une forme d'autisme? Ce n'est pas un drame, ça? [...]

Et bien, voici mon mea-culpa. Il y a déjà sept ans, juste avant la naissance de notre petite fille, je menais une vie tranquille et paisible avec le seul souci d'avoir en fait à me soucier de moi-même et de ma future progéniture. L'autisme? Loin de moi! Seul le mot m'effrayait au plus haut point. La cause des enfants me tenait bien sûr à coeur tant que la maladie n'atteignait pas un des miens. Mais le destin en a décidé autrement, et notre fille est bel et bien autiste. Depuis bientôt quatre ans, chaque jour est un petit Waterloo. Depuis quatre ans, je me bats pour la dignité et le respect de la personne autiste. Professeure de français au collégial, j'ai la chance de pouvoir accueillir et côtoyer au quotidien des élèves autistes qui se fondent parmi les autres, toujours aussi discrets, polis et attentifs. Ce sont les meilleurs étudiants, bien souvent. Alors, êtes-vous certains de bien connaître l'autisme sous toutes ses facettes? En ce qui me concerne, c'est, à bien y penser, la plus belle chose qui me soit arrivée. Je me sens bien plus humaine maintenant, grâce à toi, petite Maëlle, figure courageuse et persévérante de tous les instants, toi qui veux tant apprendre à lire comme les autres enfants, qui veux tant «être» simplement.

Catherine Kozminski, coauteure de L'Autisme, un jour à la fois

Boucherville, le 2 avril 2009

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