Coupés du monde ?

J'ai suivi avec enthousiasme le gala des prix Jutra attribués aux meilleurs artisans de notre cinéma. Pourtant comme chaque année, un détail me gêne, le même exactement que pour les prix Génie canadiens. C'est que, contrairement aux César français, aux David di Donatello italiens, aux Goya espagnols ou aux Oscar américains, ni les Jutra, ni les Génie ne décernent un prix du meilleur film étranger.

Symptôme d'enfermement sur soi, à l'échelle tant canadienne que québécoise? Sans aller jusque-là, on peut au moins s'interroger sur les causes d'un «oubli» aussi énorme.

Et on peut rêver, aussi, des films qui auraient pu et dû remporter ce «Jutra du meilleur film en langue étrangère», disons au cours de la dernière décennie: de Jubaku (2001), électrisant suspense bancaire japonais avec le légendaire Tatsuya Nakadai, jusqu'à Tutta la vita davanti (2008) de Paolo Virzi, le nouveau maître de la comédie à l'italienne...

Ça tombe pourtant sous le sens: notre fameux «rayonnement à l'étranger» ne pourra vraiment s'accroître sans rayonnement accru de l'étranger ici.

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