Un sens des priorités douteux

Il est pour le moins paradoxal de voir l'empressement avec lequel le gouvernement Charest s'apprête à faire passer la superficie des aires protégées québécoises de 8 % à 12 % d'ici 2015 alors qu'il travaille au même moment — et avec autant d'ardeur — à affaiblir la Loi de protection du territoire et des activités agricoles du Québec (LPTAAQ).

Est-il besoin de rappeler que seulement 2 % du territoire est cultivable, que bon an mal an les quelque 3000 demandes de dérogations de toute sorte viennent gruger 10 000 acres de ce patrimoine collectif? Tous les dix ans, c'est donc l'équivalent de l'île de Montréal qui disparaît à tout jamais.

À l'heure où les crises alimentaires se multiplient en raison de l'effet combiné de la disparition des terres arables et de l'accroissement de la population mondiale, on peut se demander si les choix de nos dirigeants ne sont pas empreints d'un manque flagrant de vision ou de courage politique. Il est en effet plus facile de protéger les forêts dans le nord du Québec que de défendre les terres fertiles autour de Beloeil, Sainte-Julie ou Vaudreuil contre l'appétit vorace des développeurs de tout acabit. M. Charest devrait toutefois se rappeler que la terre ne nous est pas donnée par nos parents, elle nous est prêtée par nos enfants. [...]

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