Le modèle Carbonneau

La franchise de Guy Carbonneau, entraîneur déchu du Canadien de Montréal, devrait inspirer notre premier ministre Jean Charest. Contrairement à lui, M. Carbonneau n'hésite pas à faire face à la musique et à dire les choses comme elles sont. Pas de demi-vérités, juste du vrai. Cette franchise, tout à l'honneur de M. Carbonneau, lui aura peut-être coûté son poste, mais elle aura surtout ancré une place de choix pour lui dans le coeur des Québécois. Il en est tout autrement pour Jean Charest.

Après avoir tergiversé sur les résultats de la Caisse de dépôt et placement du Québec, M. Charest nomme au poste de p.-d.g. de la Caisse un personnage dont le passage chez BCE ne semble guère reluisant. En fait, la plus grande réussite de Michael Sabia aura été de s'assurer d'obtenir un pont d'or lorsqu'il a quitté la direction de BCE. Même des élus libéraux ont pesté contre la nomination partisane de ce personnage télécommandée directement par le bureau du premier ministre. M. Charest, trop fier ou orgueilleux peut-être, refuse de revenir en arrière et de demander au conseil d'administration de la Caisse de reprendre le processus de nomination d'un nouveau p.-d.g. Bref, M. Charest refuse de reconnaître que cette nomination constitue une erreur qui s'ajoutera à son testament politique.

Pourtant, s'il veut regagner un capital de sympathie et de respect, notre premier ministre devrait changer son plan de match. Contrairement à Guy Carbonneau dans le cas du hockey, Jean Charest n'a plus ce qui est le plus important en politique, la confiance des Québécois. Son attitude dans le dossier de la CPDQ aura complètement vidé son modeste réservoir de sympathie, à un point tel que l'on peut se demander si M. Charest finira son mandat dans quatre ans. Ce n'est pas très joli comme perspective.

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