Un petit parti provincial

L'ADQ est dévoyée. Oui oui, dévoyée. Ça veut dire sortie de sa voie, comme un train qui déraille. La presse québécoise y va d'articles à n'en plus finir pour expliquer la récente déconfiture de l'ADQ. L'explication en est pourtant simple comme bonjour.

Et courte comme une notice nécrologique. La voici: au départ, l'ADQ incarnait une troisième voie constitutionnelle. Une ADQ restée fidèle au rapport Allaire aurait combattu bec et ongles pour rapatrier jusqu'à 22 pouvoirs d'Ottawa. Après tout, c'est pour ça que Dumont avait démissionné avec fracas d'un PLQ qui défend à la vie à la mort le statu quo constitutionnel.

Une ADQ musclée réclamant avec conviction ces pouvoirs rallierait sans aucun doute 75 % des souverainistes. Quelle force nous aurions alors eue! Mais l'ADQ a violemment percuté le mur de la réalité quand elle s'est rendu compte que jamais Ottawa ne laissera partir au profit du Québec ne serait-ce que l'ombre d'un pouvoir. Elle a donc peu à peu évolué vers ce qu'elle est devenue: un petit parti provincial dévoyé, sans envergure parce que autocastré, se repliant sur un conservatisme complètement dépassé. C'est d'une tristesse infinie. Quelle perte pour les forces vives du Québec.

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