Un côté de la barricade justifie l'autre

Le titre du Devoir de ce matin, on aurait pu l'écrire samedi matin. Il ne manquait que le nombre d'arrestations parce qu'année après année, les évènements se répètent. Un côté de la «barricade» justifiant l'autre... et c'est le cirque. Dommage, la cause est pourtant juste. La police de Montréal, comme bien des polices du monde, a sérieusement besoin d'être mise sous la loupe, observée, questionnée. «Les policiers impliqués dans les événements de Montréal-Nord ont fait leur travail», disait le président de la Fraternité des policiers, Yves Francoeur. Je ne suis pas d'accord. Un jeune homme est mort sans raison parce qu'un policier qui panique n'est pas à sa place. Je ne dis pas que tous les policiers sont incompétents, mais qu'ils doivent tous être responsables de leurs gestes. Et demander eux-mêmes qu'on revoie les méthodes si elles sont inadéquates.

Les policiers de l'affaire Villanueva n'ont pas encore eu à répondre convenablement de leur incompétence. Que ce soit la panique ou l'usage imbécile du Taser, il y a des choses qu'on ne doit pas accepter. On a poussé l'audace jusqu'à demander qu'on leur laisse le droit à l'anonymat pendant les procédures... Venant d'un «service» si prompt à ficher les «suspects», ça laisse perplexe. D'ailleurs, les policiers opérant sur le terrain dimanche avaient justement choisi «l'anonymat» en cachant leurs numéros matricules, un procédé ancien, mais toujours aussi honteux. Les affiches qualifiant d'assassins les policiers responsables de la mort de Freddy Villanueva ne sont aussi que provocation. Un côté de la «barricade» justifiant l'autre...

Si des évènements entourant la manifestation contre la brutalité policière se répètent encore et encore, il faudra pourtant bien trouver moyen de changer de méthodes. Le sujet est trop important pour être laissé aux seules teintes du noir et du blanc qui n'expliquent pas grand-chose, mais qui servent si bien l'immobilisme. Il faut faire preuve d'imagination, penser autrement, cesser de se cogner sur le mur, de plus en plus épais. Si les organisateurs pensaient à un service d'ordre béton pour éviter les provocateurs? Et même ceux qui sont de la police, ça s'est déjà vu... Il doit bien y avoir dans une centrale syndicale ou des mouvements populaires des personnes qui savent encore constituer un service d'ordre? Je nous souhaite à tous que l'on trouve d'autres avenues comme un certain Gandhi, jadis.

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