Dumont, la comète brisée

Avec Dumont, c'est le rêve d'une génération qui s'en va. Tous les signes semblaient pourtant favorables: une originalité face aux «vieux» partis, un zeste de contestation, l'espoir d'une approche nouvelle de la question nationale. On pourrait ajouter quelques idées heureuses, un certain art de la formule. Pourquoi a-t-on le sentiment d'un échec et pas seulement celui de Dumont, mais du Québec entier? Comme quelqu'un qui s'est fourvoyé dans un labyrinthe dont il avait mal calculé la complexité et qui soupire d'aise en trouvant la première issue à sa portée.

Il y a des bêtes de scène et aussi des bêtes de la politique. Dumont n'avait pas ce gabarit. Il incarne à la perfection l'inachèvement de tous les grands desseins propres au Québec. On part en flèche, on lance des slogans prometteurs, puis on s'essouffle vite faute d'intelligence et d'énergie nationales. Dumont fut l'homme des velléités, des contradictions et de l'incoordination de ses cibles politiques, mouvantes s'il en fut. Comment défendre le Québec, rétrograder à l'autonomie duplessiste et coucher avec les conservateurs d'Ottawa?

Dumont a refusé l'appui de ceux qui lui auraient donné la cohérence et la force. Il s'est dissous dans l'improvisation continue, les fragments contradictoires, une présence sporadique et l'incapacité de lier l'identité québécoise à une politique forte, structurée et authentiquement nationale.

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