Montréal, cette ville insignifiante

Récemment, Louise Harel proposait de créer un mouvement de citoyens pour revendiquer un Montréal plus uni devant la désorganisation causée par la pléthore des arrondissements aux objectifs trop souvent conflictuels. Erreur stratégique de la part de l'ex-ministre. Elle reprend exactement le point de vue de Pierre Bourque qui voulait réunifier la Ville de Montréal. Bourque a échoué, l'idée de Louise Harel ne lève même pas.

De fait, les Montréalais ne s'intéressent pas à la gestion municipale, sous quelque forme que ce soit. Ce cheval de bataille ne suscite qu'ennui chez nos concitoyens. Pourtant, il y a problème. Et il ne s'agit pas seulement d'une tour de Babel pour les services de proximité qui vont dans tous les sens. Le vrai problème, que personne ne semble voir, c'est le déclin de Montréal. De fait, Montréal n'est plus considéré comme une ville du monde. Nous sommes incapables de retenir les paramètres de base de notre image de marque. Nous avons perdu notre club de baseball, perdu la Bourse, perdu le Grand Prix. Nous sommes incapables de prolonger la rue Notre-Dame, incapables de construire le CHUM, incapables de faire un lien ferroviaire entre l'aéroport Trudeau et le centre-ville, incapables de revendiquer notre juste part des investissements fédéraux de relance. Montréal est devenu une ville insignifiante. La ville de Québec lui a damé le pion en matière de visibilité! Nouvelle tour de Babel sans leadership (le maire Tremblay ne s'occupe en fait que de problèmes d'intendance), son avenir semble bouché. Au Montréal désorganisé, il est inutile de proposer un Montréal mieux organisé comme l'avance l'ex-ministre Harel. Il faut plutôt un programme d'un certain niveau pour unir la ville autour de grands buts communs. Louise Harel doit repenser son approche.

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