La jeunesse, planche de salut

La gouverneure générale du Canada est bien intentionnée: elle désire mettre beaucoup d'argent au service de la jeunesse. L'idée a été bien reçue par les journaux et la société canadienne. Mais cette même idée n'est pas nouvelle, car depuis belle lurette les politiciens d'Europe ou d'Amérique, ayant des idées populistes et démagogiques, ont jeté leur matière grise sur l'avenir de la jeunesse et son éducation, sorte de planche de salut pour des politiciens désemparés.

Le célèbre philosophe Karl Jaspers (1863-1969) a bien montré, dans son livre La Situation actuelle des esprits (Die geistige Situation der Zeit), «qu'une époque qui a perdu confiance en elle-même s'adonne à l'éducation, comme si de rien pouvait surgir quelque chose.

Dans une période désemparée, la jeunesse devient une valeur en soi. Et même, le monde attend d'elle ce qu'il a perdu.

Les jeunes prétendront créer ce que les maîtres n'ont plus! Ainsi, la jeunesse acquiert une importance illusoire; mais, finalement, elle succombera, parce que l'enfant ne devient homme, que pour autant qu'il grandit dans la continuité des âges et se forme par une discipline appropriée.» Les idées de Karl Jaspers sont dans la lignée gréco-latine. Dès 740 av. J. C., Hésiode écrivait: «Je n'ai aucun espoir en l'avenir de notre pays si les jeunes d'aujourd'hui doivent être les dirigeants de demain. Car ils sont insupportables, insouciants, voire effrayants.»

La même idée que celle d'Hésiode se trouvait sur une vieille amphore babylonienne 3000 ans av. J.-C.

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