Les principes, monsieur Landry!

Dans sa réponse à une journaliste du quotidien La Presse, récemment, l'ex-premier ministre Bernard Landry disait avoir «[...] de la sympathie pour les deux thèses, donc pour l'instant, ça me force à observer la situation», puis «J'ai voté la loi anti-scab, qui est une loi extraordinaire. S'il y avait des illégalités de ce côté ou de la part de l'une des deux parties, ça dicterait ma conduite.»

Petite question, monsieur Landry, auriez-vous franchi la ligne de piquetage il y a 30 ans, en l'absence de cellulaire ou d'Internet, pour aller porter votre chronique à la rédaction du Journal de Montréal? La question a son importance dans la mesure où, compte tenu des nouvelles technologies, une commissaire de la Commission des relations du travail a statué qu'on ne pouvait réduire la notion de lieu de travail au seul établissement où s'exercent les activités principales de l'employeur pour définir la notion de scab.

De plus, avec votre longue expérience de parlementaire, vous n'avez pas l'excuse, comme certains autres chroniqueurs, d'ignorer qu'une loi ne se réduit pas à ce qui en est consigné dans la Gazette officielle; elle procède de principes, d'un esprit qui a guidé le législateur vers l'objectif visé. Ici, l'objectif est de ne pas favoriser la poursuite normale des activités d'un employeur en temps de grève afin de réduire la durée d'un conflit et, par là, la violence qui peut y prendre racine.

Ce ne sont donc pas des illégalités qui devraient dicter votre conduite, mais des principes, comme ceux qui avaient présidé à la décision courageuse de Lise Payette de cesser sa collaboration au Journal de Québec.

Vos prétendues justifications pour continuer à alimenter de vos écrits un employeur qui a froidement jeté sur le trottoir de loyaux employés qui ont contribué à bâtir son empire ne tiennent pas la route. Ressaisissez-vous, monsieur Landry, et retrouvez les principes qui vous ont fait voter, jeune député, une loi si extraordinaire.

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