Un spectacle insignifiant?

Curieux personnage que ce maire de Québec qui, devant l'idée d'une commémoration de notre défaite devant les Anglais sur les plaines d'Abraham, se contente de dire que puisqu'il ne s'agit que d'un spectacle, il va évidemment y assister et que, pour le moment, «on peut-tu parler d'aut'chose», a-t-il solennellement déclaré, il y a de cela quelques jours à peine! Comme si l'objet du «spectacle» n'avait pas d'importance...

Comme si, surtout, ce type de commémoration, ce «spectacle» n'aurait de sens que dans une perspective divertissante. Comme si cela ne parlait de rien. C'est bien mal comprendre le rôle de toute représentation, comme si l'insignifiance devait caractériser cette forme de compte rendu.

Un autre dirigeant, un empereur chinois dont je ne me rappelle plus le nom, avait jadis fait peindre sur un mur, près de sa chambre à coucher, des chutes d'eau. Il a demandé à ce qu'elles soient enlevées, le bruit de l'eau l'empêchant de dormir... Il comprenait, puisqu'il le vivait, le sens, la fonction et l'effet des représentations.

Le spectacle de notre défaite sur les Plaines ne peut pas être innocent, ne peut pas n'être qu'un divertissement, et son bruit, son vacarme, à l'instar des chutes de l'empereur chinois, pourrait peut-être en réveiller plus d'un, de ceux qui comprennent qu'on ne rie pas avec les représentations. Il vaut sans doute mieux, quelquefois, en pleurer. De rage.