Les omissions du président de Rabaska

Dans une longue lettre diffusée dans Le Devoir du 21 janvier, le nouveau président de Rabaska réagit aux propos publiés par les opposants au projet de port de transbordement, de stockage et d'acheminement du méthane qui doit être implanté à Lévis. M. L'Écuyer revient sur les mêmes arguments qui ont servi depuis le début pour forcer l'implantation de ce port méthanier sur le fleuve entre Lévis et Québec: besoin de fournir la consommation locale de gaz, le caractère «sensiblement moins polluant» du gaz naturel. Fort heureusement, il a abandonné le discours lénifiant de la création d'emplois et de retombées économiques mirobolantes qui a servi au départ pour tenter de légitimer l'implantation de ce complexe de transformation de GNL.

Le président de Rabaska omet toutefois de rappeler que, lors de la visite du représentant de Gazprom à Québec l'an dernier, ce dernier avait exprimé on ne peut plus clairement que c'était le marché étasunien qui était prioritairement visé avec les installations projetées à Lévis. Exit également le fait que ce relais prévu par des multinationales du gaz vise essentiellement à tirer le maximum de profits tout en rejetant les risques écologiques et sociaux là où l'on acceptera de servir de maillon à une telle entreprise. Rôle que la ville de Lévis, appuyée par le gouvernement «local» québécois, a accepté de jouer dans la plus pure tradition du rejet des risques et des coûts de production vers des républiques bananières, tel que cela a été mis au point depuis le début du XXe siècle. Malheureusement, la ville de Lévis est encore sous le coup de ce modèle économique d'un autre âge dont on constate les derniers hoquets: chantier Davie, raffinerie Ultramar et Rabaska.

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