Obama et l'intégration

Dans son dernier livre, L'audace d'espérer, Barack Obama analyse avec grande lucidité les problèmes auxquels il aura désormais à faire face. Celui qui devrait retenir l'attention concerne l'avenir démographique de ce pays et de sa tradition raciale. Voici un court extrait: «Peu après 2050, prédisent les experts, l'Amérique ne sera plus un pays majoritairement blanc, ce qui aura pour notre économie, notre politique et notre culture des conséquences que nous ne pouvons pas entièrement prévoir.»

Par ailleurs, Paul Krugman, dans son essai L'Amérique que nous voulons, soutient que «le racisme a été un ingrédient essentiel des succès électoraux que les conservateurs ont remportés en dépit de leur politique (celle des dernières années) qui favorisait un minorité au détriment de la majorité». Aussi voit-il la principale cause de l'échec du New Deal.

En somme, à la lumière de ce constat, le progrès social envisagé par le nouveau président dépendra de sa capacité de mettre en place des politiques d'intégration pouvant convaincre la majorité actuelle de contribuer, par le biais de programmes de gauche coûteux, à l'avancement de cette minorité pour lui permettre de se hisser au niveau de la classe moyenne. Et cela en évitant de le faire de manière à provoquer les réactions de droite qui serviraient la cause des conservateurs. Ces perspectives démographiques risquent de créer de l'insécurité et des réflexes politiques inattendus.

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