Le vrai développement

Pour corriger les erreurs des dernières années, il ne faut pas nécessairement faire le contraire de ce qui a été fait, mais proposer les mesures appropriées et de les appliquer correctement.

Ainsi, on remarque que, sur plusieurs sujets, Barack Obama a eu des propos clairs, simples et justes. À titre d'exemple, dans le domaine de la coopération internationale, il n'a pas promis d'agir comme presque tous les pays l'ont fait jusqu'à maintenant, c'est-à-dire d'augmenter l'aide alimentaire, de leur vendre nos produits moins chers que ce qu'il en coûte pour les produire ici, d'augmenter les budgets sans égard à leurs besoins, d'envoyer des émissaires de haut rang se faire applaudir.

Non, il a dit: «Aux habitants des pays pauvres, nous promettons de travailler à vos côtés pour faire en sorte que vos fermes prospèrent et que l'eau potable coule pour nourrir les corps affamés et les esprits voraces.»

Si les politiques et les actions suivent ces promesses, nous arriverons peut-être à faire en sorte que les paysans mal équipés et découragés depuis des années par nos politiques d'aide se remettent au travail et contribuent à asseoir les fondements d'une économie locale et nationale qui mènera vers une plus grande autonomie et une indépendance croissante vis-à-vis des humeurs des pays supposément bienfaiteurs. Peut-être qu'alors on n'écrira plus des rapports comme celui du Sénat canadien de février 2007, qualifiant nos années d'aide au développement en Afrique de «40 ans d'échec».

Le président Obama n'a pas dit aux despotes du monde que s'ils laissaient entrer dans leurs marchés nos produits excédentaires et s'ils avaient du pétrole à vendre à bon prix, ils ne seraient pas ennuyés dans les châteaux qu'ils entretiennent chez eux et à l'étranger. Non, il a dit: «À ceux qui s'accrochent au pouvoir par la corruption et la fraude, et en bâillonnant les opinions dissidentes, sachez que vous êtes du mauvais côté de l'histoire, mais que nous vous tendrons la main si vous êtes prêts à desserrer l'étau.»

Donc, ce ne serait pas étonnant si ce premier président noir de l'histoire des États-Unis semait de l'espoir et du coeur à l'ouvrage chez ses compatriotes, et qu'il fasse aussi germer de l'espoir et des initiatives heureuses dans les régions du monde malheureusement encore sous-développées.

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