La violence de la pantoufle...

Récemment, un journaliste irakien a lancé ses chaussures à la tête du président Bush. Il risque une peine de prison de 5 à 15 ans pour «agression contre un chef d'État étranger».

L'événement a fait le tour du monde en peu de temps. Ce journaliste est devenu un «héros» dans une partie du monde. Les caricaturistes en ont fait leurs choux gras. Les humoristes s'empareront sûrement de cette histoire. Il ne faut surtout pas banaliser ce «nouveau sport» du lancement de la chaussure. Il contient en soi un germe de violence. Si je lance mon soulier à la tête de ma conjointe, est-ce que je deviens un héros? Certainement pas, c'est de la violence conjugale. Tolérance zéro. Alors, pourquoi, à la tête du président américain, ce geste prend des dimensions politiques acceptables? La violence contenue dans ce lancer disparaît subitement. Je déplore aussi la violence qui s'exprime à travers des lancers de fléchettes sur une photo de personnage politique controversé ou même sur une photo de ma belle-mère. C'est de la violence latente. Il n'y a rien d'amusant à organiser une séance collective de défoulement de la pantoufle sur une photo du président Bush en face du consulat américain à Montréal. Qu'Amir Khadir soit présent à cette manifestation est une chose, mais qu'il se prête à cette pratique du lancer... C'est mal commencer son nouveau mandat de député de Québec solidaire.

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