Des fonds publics pour relancer le capitalisme?

Dans Le Devoir du 24 décembre 2008, Pierre Vadeboncoeur témoigne d'une conscience claire de la situation du capitalisme financier globalisé: des centaines de milliards de dollars de fonds publics sont injectés dans ce système capitaliste pour l'empêcher d'imploser alors qu'il est l'artisan de sa propre déchéance. J'aimerais ajouter quelques paragraphes à ce beau texte.

1. Si ce capitalisme s'en tire cette fois, il continuera comme avant la crise jusqu'à la prochaine... catastrophe!

2. Cette prédiction tient au fait que ce capitalisme financier est globalisé et que cette globalisation est dans une impasse, selon l'excellente analyse de Michel Freitag publiée récemment (L'Impasse de la globalisation, Montréal, Écosociété, 2008).

3. Cette impasse se résume en quelques mots: le capitalisme financier international fonctionne comme un ensemble systémique. Il est opérationnel, orienté vers l'efficience, il s'autoreproduit et avance «sans sujet ni fin», comme disent les philosophes (Gilles Deleuze et cie). Il ne sait pas où il va mais il se reproduit!

4. Alors, recourir à des fonds de secours fournis par les États n'est, pour de tels systèmes, qu'un mécanisme d'ajustement. Mais c'est aussi une effronterie monumentale car ce capitalisme de dernière génération n'a eu qu'une cause depuis 30 ans: réduire à rien les vastes efforts de trois décennies (1950-1980) pour édifier les États-providences et les économies mixtes afin d'assurer une meilleure distribution de la richesse.

Donc, tout ce que font les États maintenant, avec l'argent public, ne servira à rien à moyen terme. On fait tout, sauf le moindre socialisme, comme Vadeboncoeur le dit en titre de son texte. Aucune bonne nouvelle à l'horizon.

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