La dictature canadienne

Qui se plaindra de voir le dictateur d'Ottawa débarrasser le plancher? Le problème est qu'il sera remplacé par un autre, d'un genre différent.

La crise parlementaire canadienne, même si elle place le Bloc dans une situation dégradante, a le mérite de démontrer qu'un gouvernement minoritaire peut être défait. Lorsque Jean Charest s'était mis toute la population du Québec à dos, sauf ceux que l'on ne nommera pas, une coalition aurait pu être formée pour faire barrage. Le gouvernement en place aurait même eu la marge de manoeuvre nécessaire pour déclarer l'indépendance du Québec. Mais les Québécois — on ne se refait pas — sont trop bons perdants pour procéder de la sorte. Surtout, ne pas bousculer l'ennemi, encore moins le prendre par surprise, les culottes baissées. Mieux vaut annoncer des siècles à l'avance la tenue d'un référendum pour s'assurer qu'il ait tout le temps nécessaire pour frauder, et lui concéder la victoire.

Pourtant, avec les attaques dont sont victimes les «séparatistes du Bloc», pourra-t-on enfin comprendre à quel point les Canadiens nous détestent? Frustrés qu'ils sont, il est à parier que les pétro-provinces réclameront bien vite leur indépendance et que le Québec restera pris dans ce qu'il restera du beau grand Canada!

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