Pour en finir avec le cynisme

Avec une septième élection en cinq ans et des sondages indiquant que près d'un électeur sur deux songe à ne pas s'exprimer le 8 décembre, tout le monde (et tous les médias) parle du cynisme de la population face à la démocratie telle qu'elle est pratiquée au Québec. Chacun y va de son petit commentaire, quelques-uns s'ennuient des politiciens d'antan qui savaient rallier la population, des charismatiques Lévesque, Trudeau ou Bourgault, des bâtisseurs et des porteurs de projets nationaux.

Mais à quel genre de citoyens avons-nous donc affaire? La démocratie, ce n'est pas attendre qu'un parti politique, comme par magie, découvre nos intentions, nos rêves et nos besoins. Un député, c'est un humain, pas un dieu. Ça ne lit pas dans les pensées, ça ne devine pas ce qui n'est pas dit. Un député, c'est un humain, pas un monstre. Nous pouvons lui parler, nous pouvons lui expliquer, nous pouvons l'influencer, lui faire connaître nos attentes ou lui exposer des arguments intelligents.

La démocratie, c'est se lever et aller parler aux candidats pour leur communiquer nos désirs et nos aspirations. C'est prendre rendez-vous avec notre député, lui écrire ou l'appeler pour lui faire part de nos idéaux. La démocratie, c'est l'affaire de tout le monde, tout le temps. Ce n'est pas une lubie réservée à quelques élus qui changent aux quatre ans. C'est un devoir au même titre que les impôts et les taxes, que l'épicerie et le ménage de la salle de bain.

Je rêve d'un pays où les gens contribueraient, feraient leur part, pour maintenir la démocratie vivante. Je rêve d'un pays où les médias se tiendraient debout, cesseraient de ménager la population et diraient franchement aux électeurs de quitter leur petit confort pour s'impliquer dans la sphère publique. Je rêve d'un pays politisé, dans lequel chacun participerait à la démocratie, comme il se doit.

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