La crainte de l'avenir

Il semble qu'aujourd'hui on aille de catastrophe en catastrophe: cataclysmes écologiques, calamités terroristes, secousses économiques, crises sociales. Vraiment, de partout, le malheur guette. Même le fromage québécois et la Caisse de dépôt sont devenus suspects, c'est tout dire!

Peut-être que l'homme contemporain, si orgueilleux, a enfin pris conscience de sa précarité. En même temps qu'il détient tous les moyens techniques pour faire peur, cette peur même s'empare de lui. De sorte qu'une forme de régime de terreur est en train de devenir la condition courante.

N'ayez crainte, je ne raille pas cette peur de l'avenir: elle repose sur des menaces bien réelles et on ne saurait reprocher à notre génération de se préoccuper du sort de ses enfants et petits-enfants. Mais cette vigilance y gagne-t-elle à prendre si souvent le visage du pessimisme? Oui, le pouvoir de destruction de l'homme est plus grand que jamais et semble souvent hors de contrôle. Oui, ce qu'on appelle le «progrès» est loin d'avoir toujours été synonyme d'avancement. Mais faut-il pour autant supplanter l'idée même du progrès et lui substituer le fatalisme? La lucidité face au tragique de notre condition s'impose.

Mais s'impose tout autant une sagesse qui est surtout, vision, créativité et audace. La sagesse d'oser. Ou encore l'audace d'espérer. Une pensée capable de s'exprimer dans un langage mobilisateur plutôt que simplement calculateur, et qui interpelle la liberté et la responsabilité des citoyens. Une philosophie qui ne se satisfait pas de vouloir préserver, conserver, sécuriser notre monde, mais qui cherche à le transformer, à le développer, à l'agrandir.

Une philosophie pour tous et toutes. Surtout, une philosophie qu'on souhaite bien présente chez nos dirigeants politiques.

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