Journalistes aveugles

Qu'est-ce qu'on entend le plus souvent ces temps-ci à propos de la campagne électorale au Québec de la part de nos journalistes et chroniqueurs? «Campagne ennuyante», «campagne sans grands enjeux», «aucun parti n'a de réel projet de société à proposer», «la campagne américaine était bien plus intéressante sur le plan de l'intérêt et des enjeux en raison de l'effet Obama», «la possibilité d'élire un Noir aux États-Unis a suscité un éveil des passions qui incite les Américains à aller voter en très grand nombre».

Voulez-vous bien me dire pourquoi la possibilité d'élire une femme à la tête du Québec ne serait pas tout aussi porteuse d'espoir et de changement que l'élection d'un Noir aux États-Unis?

Pourtant, je n'ai entendu aucun journaliste, et pis encore aucun journaliste féminin, aucun animateur de radio ou de télévision, aborder, voire effleurer ce sujet. Auraient-ils peur de quelque force supérieure pouvant menacer leur carrière, ou auraient-ils tout simplement créé leurs propres barrières sur des sujets touchant la souveraineté ou l'affirmation des femmes? Pour ma part, je suis totalement enthousiasmé d'avoir la chance, comme électeur, de participer à un événement historique et porteur de changement.

Les journalistes ne sont-ils pas les courroies de transmission des grands événements de notre société? Partant de là, ne serait-il pas temps que les journalistes se libèrent de toute censure, qu'elle vienne de l'extérieur ou de l'intérieur, et se mettent à faire leur job comme il se doit?

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