L'arrivée du privé en santé

Il y a une vingtaine d'années, les guichets automatiques arrivaient en force dans les banques et les caisses au Québec. À l'époque, le Mouvement Desjardins adressait à ses caisses membres une lettre circulaire leur enjoignant de n'ouvrir qu'un guichet ou deux à l'intérieur de leur succursale; les queues s'allongeraient, la clientèle s'impatienterait et, du coup, serait alors plus encline à utiliser ces nouveaux guichets automatiques.

Nos gouvernements, libéral ou péquiste, n'agissent pas autrement et se frottent les mains lorsqu'ils constatent que les files d'attente s'allongent et que le temps d'attente augmente: plus les gens s'impatienteront, plus les gens craindront pour leur santé, plus ils s'ouvriront à l'idée d'une médecine privée et, quand le fruit sera jugé assez mûr, le gouvernement octroiera au privé le feu vert qu'il attend.

Les gouvernements aimeraient bien pouvoir aller de l'avant dès maintenant. Toutefois, comme ils carburent au clientélisme et qu'ils font souvent preuve de pleutrerie, ils n'osent pas agir trop ouvertement par crainte de la clameur populaire, mais soyez assurés qu'une fois celle-ci bien anesthésiée, le tapis rouge sera déroulé pour le privé.

Heureusement que d'aucuns, individuellement ou collectivement, veillent au grain et tentent d'attirer notre attention sur les dangers qui nous guettent. Je suis, hélas, loin d'être certain qu'ils y parviennent.

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