De faux arguments

Dans l'extrait de leur livre, publié dans Le Devoir du 10 novembre, MM. Pierre Dubuc et Marc Laviolette soutiennent que, sans la promesse d'un référendum à brève échéance, non seulement la souveraineté est impossible, mais l'idée même de souveraineté s'étiole et est menacée d'une disparition complète. Or on ne peut s'empêcher de trouver fort étrange cette affirmation alors que le coeur de leur argumentation repose sur des éléments qui échapperaient totalement au contrôle d'un Québec souverain.

Voici un court extrait de ce qu'ils écrivent: «Sur les plans économique et environnemental, le Québec est privé des leviers essentiels... Sous l'effet combiné de la hausse du prix du pétrole, du dollar canadien et du ralentissement de l'économie américaine, l'économie québécoise est aujourd'hui menacée d'une des pires crises économiques de son histoire.»

Il ne faut pas faire une longue étude pour constater que toutes les versions des projets de souveraineté soumis aux consultations populaires précédentes ne prévoyaient pas la prise de contrôle d'aucun de ces trois éléments clés. D'ailleurs, il n'y aurait que sa propre monnaie sur laquelle un Québec souverain pourrait exercer un contrôle, mais cette option ne fait pas partie des propositions de MM. Dubuc et Laviolette. Au sujet du prix du pétrole et de la situation économique de nos voisins américains, un Québec souverain n'aura pas plus d'influence qu'il n'en a maintenant.

S'ils n'ont pas d'autres arguments, plus convaincants, je me demande bien qui les dirigeants de SPQ libre espèrent attirer dans leur club.