Les Québécois et la religion

En réponse à Marc Pelchat, doyen de la faculté de théologie de l'Université Laval, je propose un début de réflexion sur sa propre critique de la religion au Québec. Premièrement, il confond bêtement christianisme et catholicisme. Il continue en donnant des explications très superficielles de la baisse de la pratique religieuse au Québec. Depuis des décennies qu'on rabâche les mêmes (raisons) théories qui, en fait, ne font que démontrer le désarroi de la majorité des spécialistes de la religion.

Il serait très urgent de parler d'une des vraies «causes» de cette baisse: les Québécois ne veulent plus d'une religion (aux pratiques esclavagistes) dominatrice. Les clercs ont fait de la bonne nouvelle du Christ une très mauvaise nouvelle pour les laïcs. Il est évident que la mentalité évangélique de Jésus-Christ n'est pas respectée par la structure historique (hiérarchique) catholique. Les clercs privilégiés, qui ont tous les pouvoirs (dans leur position de super-chrétiens), ne respectent en rien les laïcs en leur imposant leurs «pouvoirs-privilèges» qui font de ces mêmes laïcs des sous-chrétiens. Les laïcs n'ont aucun pouvoir dans cette religion. Voilà une des vraies causes.


En fait, dans le catholicisme, il n'y a pas de chrétiens. Il y a, d'un côté, quelques centaines de milliers de super-chrétiens, c'est-à-dire les clercs. De l'autre côté, il y a des centaines de millions de sous-chrétiens, c'est-à-dire les laïcs catholiques. Ce qui est une bonne nouvelle pour les «uns» (clercs) devient une très mauvaise nouvelle pour les autres (laïcs). La dépendance esclavagiste et infantile des laïcs face aux clercs est évidente. La dépendance sacramentale en est un exemple.


Jésus a donné aux apôtres un statut d'égalité en respectant l'originalité de chacun et leurs différences. Il n'a jamais annoncé d'Église hiérarchique. Encore une fois, les Québécois ne veulent plus d'une annonce évangélique esclavagiste. Ils refusent de marcher à genoux devant toute forme de dictature. Ils veulent être respectés comme Québécois et comme chrétiens à part entière. Les Québécois ne veulent plus être des «nègres blancs d'Amérique», autant religieusement que politiquement.


Claude Lemoine


Théologien


Trois-Rivières, 27 mai 2002