Madame Tout-le-monde

Monsieur Stephen Harper, Je vous entends répéter que le point de vue d'experts, de scientifiques et autres spécialistes ne vous guide pas dans vos propositions de programmes. Vous dites vous fier aux opinions de monsieur et madame-Tout-le-monde. En tant que «madame» de votre expression consacrée, je vous confie ma définition partielle du leadership.

Je m'attends de celui veut diriger ce pays, qu'il rejette les croyances pour retenir les faits avérés, qu'il élabore des propositions répondant aux problèmes ciblés, en s'assurant de ne pas en créer plus qu'il ne va en résoudre! Je m'attends d'un leader qu'il nous aide à voir plus clair, qu'il justifie de manière satisfaisante ses décisions.

La dernière chose à laquelle je m'attends d'un leader, c'est qu'il se fasse le porte-voix des perceptions, préjugés ou prises de position glanés aléatoirement dans mon groupe de référence. Le pire de ses défauts serait qu'il se fie à nos réflexes, à nos connaissances partielles d'une foule d'enjeux.

C'est connu. Nous aimons celui qui nous dit que nous avons raison. Mais la somme des raisons individuelles ne mène nulle part si, au-dessus de cette mêlée, aucun leader ne dégage une vision objective, originale, solide. Trente-quatre millions de leaders dans ce pays, c'est votre vision de la gouvernance d'un État?