Le Canadien moyen, une marionnette ?

Elle est bien loin de nous, cette image du Canadien errant qui parcourait en pleurant, des pays étrangers. Aujourd'hui, bien tranquille et étendu sur son sofa devant son téléviseur, le Canadien est désormais moyen et fier de l'être. Et, comme on a pu le constater, la campagne électorale du Parti conservateur quantifie tout en fonction de ce personnage.

L'influence qu'a le Canadien moyen sur le gouvernement Harper semble sortir directement de la grande noirceur d'il y a 60 ans. Satisfaire cette personne qui n'endure ni la prétention du monde de la culture ni les bourdes des délinquants, surtout lorsqu'ils sont de couleur, semble actuellement des enjeux électoraux populaires de la campagne électorale.

On parle des Canadiens moyens en terme de gens ordinaires. Il est difficile de dire quel mot est le plus méprisant, ordinaire ou moyen? Avec le terme ordinaire «qui n'est ni bon, ni moyen; qui est ordinaire», on arrive à cette définition du mot qui se situe entre deux choses. Être moyen, c'est être entre deux pôles, imaginons que ce soit entre le gauche et le droit. Pourtant, le Canadien moyen tel qu'il est décrit par Harper ne semble pas déchiré entre les extrêmes, il est lui-même l'extrême. Alors de qui parle Stephen Harper lorsqu'il dit vouloir répondre à la demande de monsieur et madame Tout-le-monde? Pour le politicien, le terme moyen est instrumental. Un moyen, comme une façon de faire qui justifie des projets de loi en cachant les vraies raisons sous une fausse identité. Il faut donc craindre le politicien quand il nous parle du Canadien ou du Québécois moyen, car on ne sait jamais qui se cache derrière cette marionnette que l'on agite à bout de bras.