Sombre avenir de la médecine universitaire francophone à Montréal

Depuis 13 ans, le CHUM vogue de tergiversations en cafouillages. Après la fusion, la confusion. Quel en sera le site? C'est à regret que de nombreux médecins travaillant d'arrache-pied pour le CHUM ont renoncé au site Outremont, qui promettait une réelle intégration de la Faculté de médecine et de son hôpital universitaire principal.

Quel sera l'échéancier de la construction? Pas avant 2016, annonce La Presse du 11 septembre. Quel en sera le coût? Combien de lits, combien de salles d'opération, combien de médecins les patients québécois y trouveront-ils? Il est scandaleux qu'après tant de millions de dollars dépensés en études et des milliers d'heures passées en comités divers, nous ne voyions pas plus clair.

Comme si ces flottements ne suffisaient pas, les plus récentes nouvelles suggèrent qu'un tiers des médecins pratiquant actuellement au CHUM ne pourra pas y rester. Non, ils ne se retrouveront pas au chômage: le Québec manque de spécialistes. Toutefois, les forcer d'abandonner la carrière d'enseignement et de recherche à laquelle ils se sont si longuement préparés témoigne d'un mépris inconcevable et d'une absence de vision pour le CHUM.

En effet, quel jeune médecin, après cinq ans d'école de médecine, quatre à cinq ans de spécialisation et au moins deux ans de formation supplémentaire, voudra s'investir dans un environnement aussi incertain pour sa profession? Il y a fort à parier que les plus anciens prendront leur retraite et que les nouveaux professeurs s'engageront à McGill ou ailleurs au Québec, au Canada ou aux États-Unis. Si le projet du CHUM a été lancé sur de mauvais rails, il convient d'en corriger la trajectoire avant d'atteindre le précipice. Y a-t-il un conducteur lucide dans ce train?

À voir en vidéo