L'inconsistance de Brassard

Du temps qu'il était ministre québécois responsable des Affaires canadiennes, Jacques Brassard déclarait inlassablement que jamais, plus jamais, le Québec ne devait se retrouver malgré lui, pris en otage à la Chambre des communes comme il l'avait été en 1982. À cette époque, la domination du Parti libéral du Canada avait, on s'en souvient, permis au couple Trudeau-Chrétien de faire modifier unilatéralement la Constitution canadienne contre le gré de l'Assemblée nationale du Québec, tous partis réunis. Essentiellement l'argumentaire de Pierre Elliott Trudeau reposait alors sur la prétention qu'il avait toute la légitimité nécessaire pour procéder puisqu'il qu'il avait fait élire 75 députés au Québec. Selon le ministre Brassard, cette situation ne devait plus jamais se reproduire. Sa proposition d'aujourd'hui: faire disparaître le Bloc québécois et laisser le PLC ou le Parti conservateur revenir en situation de contrôle du Québec. Cherchez l'erreur.

Sur un autre plan, je me souviens que, jadis militant souverainiste, il avait littéralement sabordé la section locale du RIN dont il était un des membres fondateurs sous prétexte que ce jeune parti était déjà trop à droite et pas assez radical. Il avait alors fondé une cellule régionale du FLP (si ma mémoire est fidèle quant au nom), un groupuscule d'extrême gauche d'obédience marxiste-léniniste issu de la mouvance radicale montréalaise et qui, à Alma, commençait ses réunions au son de l'internationale. Aujourd'hui, Jacques Brassard est un fidèle admirateur de George Bush, un ardent partisan de la guerre en Irak, un pourfendeur de Kyoto. Cherchez encore l'erreur.

La politique draine souvent vers elle une frange significative de personnes qui s'aiment davantage qu'elles n'aiment la cause qu'elles disent défendre. Cela entraîne certaines d'entre elles dans des itinéraires sinueux, surprenants et parfois ridicules.

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