Il nous reste notre voix

Le spectacle que vous allez voir ce soir a été subventionné par le gouvernement. Le théâtre dans lequel vous êtes présentement a été subventionné par le gouvernement. Nous n'avons pas honte de le dire, au contraire, nous en sommes fiers. Des citoyens de ce pays, de cette ville, ont décidé que ce spectacle et ce théâtre devaient recevoir un financement public afin qu'ils existent. Ils ont voulu que les citoyens de ce pays puissent avoir accès à une pièce de théâtre sans que celle-ci coûte 80 dollars le billet. Ils défendent l'idée suivante: l'art a la même importance que la santé, l'agriculture ou le sport.

Mais aujourd'hui, le gouvernement canadien, qui a reconnu la nation québécoise mais pas sa culture, croit que l'artiste ne doit pas être soutenu au même titre que le médecin, le fermier, l'athlète. Pourtant, sans art, sans culture, sans un sens donné à notre vie, à quoi bon guérir, semer et courir?

Les coupes sauvages dans les programmes culturels orchestrées par le Parti conservateur de Stephen Harper fragilisent les fondements mêmes de notre existence. Que pouvons-nous faire contre de telles actions? Il nous reste notre voix. Il nous reste notre vote.

Lord Durham affirmait en 1839 que le peuple canadien-français était un peuple sans histoire ni culture. Depuis, le combat n'a jamais cessé pour le faire mentir. Le 14 octobre prochain, nous nous souviendrons.

Quoi qu'il arrive, quels que soient les résultats, les conservateurs ne nous feront pas taire, car nous ne déposerons jamais les armes aux pieds des lords Durham de ce monde.

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Nous publions ce court texte lu chaque soir au public d'Espace libre avant la représentation.

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