Un électeur désabusé

Comme beaucoup de gens appelés à voter aux élections fédérales le 14 octobre prochain, je suis indécis quant à l'attribution de mon vote. N'étant pas un fan des discours grand public auxquels se livrent les politiciens en général (lesquels me semblent, ma foi, de plus en plus vides et rébarbatifs), j'ai misé sur le contenu des sites Internet des principaux partis pour m'informer sur leurs programmes.

L'expérience m'a, de manière générale, irrité au plus haut point. La pertinence des sites que j'ai consultés (ceux des principaux partis, cela va sans dire) peut être enrichissante si vous vous intéressez à la morphologie faciale des candidats grâce au contenu graphique surabondant et même parfois inapproprié. Sinon, je vous en conjure, abstenez-vous de consulter leur contenu qui ne fait qu'exalter la personnalité des chefs de parti et qui ne cesse de critiquer les autres partis politiques pour n'offrir en contrepartie que des solutions vagues et évasives.

Le contenu partial et vulgarisé au maximum semble véhiculer implicitement le fait que celui-ci s'adresse à des cancres, démontrant le respect que les partis politiques portent à leurs électeurs tentant de faire un choix éclairé; ceux-ci constituant la seule barrière entre eux et le pouvoir, barrière qu'il ne se gêne pas de franchir au mépris de tous et de tout. Bref, de la «realpolitik» à son apogée. Dans ces conditions, que vaut la démocratie si l'on traite ces principaux intéressés, les électeurs, comme des idiots que l'on peut (et que l'on veut, de toute évidence) convaincre à grandes salves de démagogie de bas étage?

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