Le cas Stéphane Dion

Une seule chose devrait retenir l'attention des électeurs. Stéphane Dion a fait voter une loi, la «Loi sur la clarté», qui interdit au Québec, en pratique, de changer son statut politique. Cette loi le soumet à l'appréciation arbitraire et unilatérale du gouvernement canadien. De toute évidence, celui-ci a adopté cette loi afin de pouvoir, même dans le cas où un référendum déciderait à 90 % de l'indépendance du Québec, décréter que la question n'est pas claire ou la majorité insuffisante.

Bien sûr, nous ne croyons pas que cette situation puisse se produire, car le Québec est trop aliéné politiquement pour percevoir où se trouve son avantage le plus légitime et le plus profond. Disant cela, il ne s'agit pas d'un préjugé ou d'un jugement dépréciatif. Tout ce qui s'est produit électoralement depuis 1867 l'affirme de la façon la plus claire.

Le seul fait de s'engager naïvement dans le jeu des élections fédérales, de soupeser avec sérieux le mérite des candidats, des «politiques» proposées, signifie déjà, dans une large mesure, la perte du sens de l'identité et du destin de notre nation. Ce que nous pourrions devenir, dans la fidélité à nous-mêmes, constitue toujours l'arrière-plan et le jugement dernier de tous les aspects de la participation du Québec à la Fédération canadienne.

Il faut être bien naïf, oublieux de l'histoire, et complice de notre disparition pour croire qu'un vote pour les partis pancanadiens pourrait améliorer notre condition nationale. Ce vote signifie tout simplement l'acceptation du régime canadien tel qu'il est, et il donne au gouvernement d'Ottawa la possibilité de nous traiter comme il le veut, sans aucun respect de l'histoire et de ses prétendus engagements de respect et de compréhension à notre endroit. Quelle autre leçon tirer du règne des Trudeau et des Chrétien?

Pour ce qui est de Stéphane Dion, afin de reconstruire son image québécoise, il faudrait qu'il désavoue publiquement sa «Loi sur la clarté», qu'il reconnaisse sa nocivité et s'engage à la faire abroger. Le Bloc québécois devrait se contenter de lui réclamer le désaveu de cette loi avant de le considérer comme un candidat acceptable.

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