Les solutions miracle de l'ADQ

Quelques questions pour Sébastien Proulx, leader parlementaire de l'opposition officielle et porte-parole en matière d'éducation.

Je vous écris parce que la lecture de votre commentaire dans Le Devoir du 30 août me laisse légèrement perplexe. Vous proposez que l'on imite le modèle scandinave et que l'on s'inspire également d'une certaine idée du sentiment d'appartenance propre aux «high school» de nos voisins du sud pour établir un nouveau modèle de l'école québécoise. L'objectif est louable, et je suis très heureux que votre parti s'intéresse à ce point aux enjeux de l'éducation, cependant, à la lumière de votre programme je ne comprends pas comment vous pouvez investir massivement en éducation en vous engageant à ne pas augmenter les impôts. Peut-être en pratiquant des coupes claires dans l'État, pour ainsi dégager une marge de manoeuvre et stimuler le Québec inc.? Si c'est le cas, vous ne pouvez y développer un modèle d'écoles autonomes à la scandinave; ces dernières existent parce qu'elles sont soutenues par tout un modèle social, l'État-providence. Pourtant, au Québec, l'ADQ s'est plutôt fait le champion d'une réduction de ce dernier. Le modèle américain repose quant à lui sur un financement municipal, les quartiers riches peuvent se targuer de développer un sens de l'appartenance et du dépassement, mais le coût social d'un tel système est proportionnel à la fracture qu'il engendre. Pour le parti du gros bon sens, comment conciliez-vous le coût des mesures que vous proposez, avec la minceur du gouvernement que vous préconisez, et comment pouvez-vous vous inspirer d'un modèle fondé sur un apartheid déguisé? Si vous me répondez que c'est en administrant mieux, j'aimerais comprendre quelle théorie ou quel modèle vous comptez utiliser, parce qu'à la lumière de votre programme, je décèle certes des intentions pieuses, mais je cherche toujours les solutions.

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