La vigilance, mais non le discrédit!

Quelle déception de lire dans votre journal l'article «Des paniers pas si bios». Le «greenwashing» est certes un phénomène omniprésent et la vigilance est de mise dans le monde des appellations, mais le discrédit n'a toutefois pas sa place.

Membre de la ferme coopérative les artisans de la terre, ferme membre du réseau d'agriculture soutenue par la communauté (ASC) d'Équiterre en précertification biologique, j'ai été choqué par l'«enquête» menée par Fabien Deglise. Une enquête approfondie détaille généralement tous les aspects du sujet et expose certaines nuances. Pourquoi certaines fermes ne sont plus à jour dans leur certification? Pourquoi certaines autres sont-elles en pré-certification? J'aurais aimé plus de détails pour que le lecteur comprenne que le consommateur n'est pas systématiquement berné. Nous ne cachons pas aux partenaires et clients que la ferme est en précertification!

La certification est un mal nécessaire devant les abus de plusieurs, mais pourquoi ne pas préciser que les «quelques centaines de dollars par année» déboursés pour la certification représentent parfois des charges non négligeables pour de nouvelles ou de petites fermes non subventionnées. J'aurais bien aimé recevoir l'équivalent de la somme déboursée pour la précertification de notre ferme pour la rémunération de nos nombreux travailleurs bénévoles! La demande pour l'alimentation biologique connaît une forte croissance, mais l'agriculture bio reste une pratique marginale qui n'a pas besoin de mauvaise publicité, bien au contraire.

Je vous invite, M. Deglise, à venir nous visiter pour réaliser que la confiance vaut parfois plus qu'une certification (le rapprochement agriculteur-consommateur est au centre du concept ASC) et venez travailler bénévolement avec nous toute une journée afin de comprendre la déception que peut provoquer un article comme le vôtre!

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