Et avant Champlain ?

Québec est en liesse. On y fête le 400e de sa fondation. Même si on a fait quelque peu cas de la présence amérindienne, depuis le 3 juillet on semble avoir occulté que ce territoire était déjà habité et qu'il y vivait des sociétés structurées nomades, semi-nomade ou bien sédentaires. Certains diront: «Oui, mais c'est la fondation de Québec qu'on fête.» Mais la fondation de quoi, au juste? Champlain et son habitation n'étaient au début qu'un établissement fortifié qui servait de poste de traite.

Les Amérindiens, avec raison, n'ont pas toujours apprécié qu'on s'installe sur leur territoire. Comme quoi, au début, la présence française était passablement moins nombreuse que la présence amérindienne.

Pourquoi est-ce que je souligne ce fait? Parce qu'il faut se rendre compte que si Champlain n'avait pas créé des relations pacifiques avec les Amérindiens, jamais Québec n'aurait pu devenir ce qu'elle est devenue.... Il fallait absolument des alliances. C'est précisément ce que Champlain a fait après son établissement en terre amérindienne.

Comment peut-on oublier que la principale activité à cette époque était le commerce de la fourrure et que plusieurs des Français qui sont venus en terre d'Amérique étaient avant tout des trappeurs? Trappeur, ça signifiait vivre à l'amérindienne, parcourir les bois, vivre parmi les Amérindiens et tout apprendre d'eux, sans quoi jamais encore une fois ils n'auraient réussi.

Sans nier qu'on puisse fêter le 400e de Québec, je tenais à rappeler ces faits qui relèvent de l'histoire de Québec et du Québec, autant que l'arrivée des «filles du Roi» et que tout autre événement lié à notre passé de colonisation.

Le Québec pourrait alors, à ce sujet, utiliser à bon escient sa devise: «Je me souviens».