Électoralisme et médiocrité

Décidément, ce parti, lorsqu'il a été au gouvernement, aura tout fait pour détruire les systèmes d'éducation et de santé du Québec et pour instaurer la «médiocratie» triomphante. Les derniers exemples en date, ce sont la tentative d'achat bassement électoraliste du vote des enseignants par les augmentations de salaire aux échelons inférieurs de scolarité et l'insulte faite à ceux qui ont peiné pendant des années pour se perfectionner en les mettant, par l'échelle unique, sur le même pied que certains qui n'ont jamais pris un seul cours après avoir obtenu leur brevet.

Cette manoeuvre démagogique achèvera d'ancrer la notion populaire disant: «Les études, qu'ossa donne?» dans l'esprit d'une société qui n'a déjà pas un goût très marqué pour l'excellence intellectuelle.


Déjà, en 1983, le gouvernement de René Lévesque — qui avait, en 1979, accordé aux enseignants des augmentations exagérées pour les amadouer à la veille du référendum — s'était retourné face à la crise de 1981 pour traîner les éducateurs dans la boue et leur imposer par décret les conditions les plus draconiennes qu'on n'avait jamais connues.


Même 20 ans après, les retraités font encore les frais de ce règlement de comptes en voyant leur pension diminuer à cause de sa désindexation sous l'inflation de 3 %.


En 1997, ce même parti au gouvernement, face à un déficit, a joué sur le mythe de la «Liberté 55» et du Winnebago dans le parking des centres commerciaux de Floride pour provoquer une saignée chez le personnel infirmier, saignée dont le système de santé au Québec n'est pas près de se relever.


Encore une fois, à la veille d'élections qu'il risque de perdre, dans une atmosphère de défaite appréhendée, le fin-finaud Landry ressort les vieux trucs démagogiques pour essayer de s'accrocher au pouvoir. Lui qui, d'une façon servile, s'est abaissé à décorer de l'Ordre du Québec le milliardaire Mulroney devrait se souvenir de la déconfiture de ce dernier aux élections de 1994. Tôt ou tard, tout se paie.


Claude Morisset


Hull, 18 mai 2002