Lettres: La société échangiste

Notre société est fondée sur des échanges qui n'ont rien de gratuit. Ce qui permet notre survie en tant qu'espèce. Ainsi, certains vont même jusqu'à donner des cadeaux pour de l'affection, et de l'amour pour de la sécurité. D'autres ont même créé des clubs échangistes. Et c'est toujours une question de survie, du couple, cette fois-ci. Car le couple, marié ou non, est pour ainsi dire un système d'échange de base, sans cesse menacé de rester fermé sur lui-même. Nous ne sommes pas des «monovores»...

Alors rien de plus naturel et de plus sain que d'échanger ouvertement et occasionnellement son ou sa partenaire pour mieux cultiver un appétit qui a ses exclusivités, mais qui peut aussi s'ouvrir à la variété. Et tout ça à peu de frais, quand on pense à ce que peuvent coûter les séances de thérapies ou la consommation compensatoire pour faire durer le couple ou le sauver de l'inanition [...] Les juges de la Cour suprême ont majoritairement estimé que les clubs échangistes ne portaient pas préjudice à la société. Ils auraient pu également mentionner les préjudices d'un commerce amoureux au-dessus de nos moyens, qui tente depuis les débuts de la civilisation judéo-chrétienne de se payer le très grand luxe artificiel du «serment de la fidélité». Quant aux deux juges dissidents, ils en sont encore à la décence comme prétendue «valeur de notre société». Combien ce débat, largement dépassé, nous aura-t-il coûté en frais de justice? Trop cher. Mais au moins maintenant pourrons-nous économiser sur les frais de la police et de sa luxueuse (même famille que luxure) escouade de la moralité qui gonfle le budget de la sécurité publique déjà... indécent.

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront la fin de semaine du 19 janvier 2019.