Libre opinion: Quand Mafalda s'enfarge

Plusieurs articles récents témoignent d'un cycle périodique et agaçant: un père privé de la garde de son enfant commet une action d'éclat, par exemple l'installation de la banderole «Papa t'aime» au sommet du pont Jacques-Cartier; quelques journalistes commentent et, vite, plusieurs plumes s'agitent, majoritairement féminines, quelquefois juristes, pour rassurer et endormir le public...

Ces plumes, invariablement, tracent le tableau d'une belle société dans laquelle de 80 à 85 % des divorces sont réglés hors cour au Québec; ne faut-il pas y voir une preuve d'équité sociale réussie? Ne faut-il pas y voir une preuve que les Fathers-4-Justice sont déconnectés de la réalité judiciaire? Quelle affreuse hypocrisie!

Il y a deux personnes mieux placées que quiconque pour témoigner de l'injustice familiale résultant de la «doctrine de la tendre enfance» et autres inventions jurisprudentielles résultant en la séparation de fait entre un enfant et son père. Le père. Son enfant. Pas les plumes féministes. Pas les avocates rassurantes. Pas les statistiques interprétées à tort et à travers!

La preuve, faites-la vous-mêmes. Nous connaissons tous des couples séparés. Beaucoup ont des enfants en bas âge. Gardez un échantillon en tête, seulement les couples où il n'y a pas de circonstances graves exigeant que la garde soit confiée à l'un ou à l'autre parent. Dans de tels cas, demandez aux pères non gardiens pourquoi ils ont consentis à un règlement hors cour les privant de la garde de leur enfant. Dans la grande majorité des cas, c'est parce qu'ils n'ont pas confiance dans les tribunaux. Ils croient fermement que les tribunaux ont un parti pris très marqué pour la mère. Il y a le droit, puis il y a la réalité des palais de justice!

S'il faut utiliser des statistiques, les plus pertinentes seraient plutôt celles portant sur le pourcentage de couples séparés, avec un ou des enfants en bas âge, qui ont vu les enfants être confiés au père par décision judiciaire!

J'ai lu attentivement «le texte de Mafalda» («Quand Mafalda démasque les "superhéros"!», Le Devoir, lundi 7 octobre 2005). J'ai rarement lu un texte avec autant de généralités dénuées de substance, d'envolées lyriques prétendument progressistes d'un point de vue social mais en définitive intellectuellement paresseuses, ne se rachetant même pas en proposant des pistes de réflexion concrètes ou intéressantes.

Selon ce texte, un propos ou une action qui n'est pas résolument féministe devient... antiféministe!! Au risque de décevoir ces dames possédant des titres impressionnants, les événements sociaux, y compris les actions d'éclat de Fathers-4-Justice, ne sont pas automatiquement féministes ou hoministes, donc antiféministes. Devrait-on qualifier les féministes d'antihoministes? Franchement!

Il est temps pour les féministes enragées de souffler et de décrocher de leur énervement social. Des pères souffrent et expriment leur souffrance par d'autres moyens puisque les tribunaux n'écoutent pas. Ça ne fait pas d'eux des vilains. Juste des superhéros. Ces superhéros ont des filles et des garçons qui souffrent de l'absence de leur père dans leur vie quotidienne.

Alors, féministes souffrant de nombrilisme chronique, arrêtez de colorer le monde selon votre perspective réductionniste et tentez d'adopter d'autres points de vue.

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