Lettres: Le racisme ambiant

À la suite de son passage à l'émission Tout le monde en parle, le Dr Mailloux a suscité un débat sur l'intelligence selon les races. Je n'ai pas entendu l'ensemble de ses propos, mais je crois que les deux principales thèses qu'il a défendues peuvent se résumer ainsi: d'une part, que les Noirs et les Amérindiens seraient de moindre intelligence que les Blancs; d'autre part, que dans le cas des Noirs vivant en Amérique, l'infériorité de leur capacité intellectuelle viendrait du processus de sélection des esclaves noirs, choisis uniquement pour leur force physique.

Il ne fait aucun doute dans mon esprit que ces thèses sont des absurdités que les faits contredisent abondamment. La première affirmation est un refus d'admettre que c'est l'éducation et la stimulation du milieu social qui joue le plus dans la capacité d'adaptation d'un individu. Quant à la seconde, elle repose sur la croyance que les habitudes acquises par les parents se transmettent biologiquement à leurs enfants. Dans ce dernier cas, il est évident, pour prendre un exemple, que l'enfant qui vit avec une famille qui maîtrise plusieurs langues jouira d'une curiosité qui l'amènera éventuellement à être animé par la même motivation à apprendre et à utiliser ces langues. Rien à voir donc avec l'hérédité du génie parental.

Remarquons aussi que le préjugé des habitudes acquises a été longuement défendu par la noblesse, mais qu'il a perdu sa raison d'être dans les sociétés démocratiques que nous sommes en train d'instaurer, dont le défi est justement de juger selon le mérite et non selon l'ascendance génétique. Soit dit en passant, tout le débat sur l'éducation, touchant notamment l'accessibilité aux études supérieures, devrait s'inspirer de cette problématique autour de la transmission du savoir. De plus, le futur cours d'histoire des religions que le Québec envisage d'implanter devrait également expliquer de quelle manière sont fondés les préjugés entendus dimanche dernier.