Lettres: Pourquoi pas un impôt patrimonial?

Il semble se dégager un consensus selon lequel le patrimoine religieux foncier est une richesse collective, une dimension importante de l'identité nationale. Pourquoi ne pas s'inspirer de l'Allemagne pour instaurer un impôt religieux, ici uniquement patrimonial?

La loi viserait le bon maintien et la remise en état des édifices patrimoniaux existants. La loi pourrait être statutairement révisée tous les 50 ans, pour ajouter des bâtiments au patrimoine religieux. L'État ne deviendrait pas propriétaire des bâtiments.

L'État devrait, dans un premier temps, recenser les bâtiments religieux patrimoniaux du Québec et en déterminer les coûts annuels d'entretien et de remise en état. Les impôts devraient éventuellement couvrir, entre autres, les coûts suivants: les coûts annuels de réparation et de remise en état, toutes les dépenses énergétiques (chauffage, éclairage, ventilation, etc.) et le coût des employés traditionnellement affectés à l'entretien.

J'imagine qu'on parle ici d'un prélèvement fiscal annuel se situant entre 50 millions et 100 millions de dollars. Si on postule qu'il y a 2 500 000 contribuables, on parle d'un impôt personnel annuel moyen se situant entre 20 $ et 40 $.

La formule de redistribution de cet impôt patrimonial devrait tenir compte du nombre relatif de fidèles, sur la base du recensement officiel, mais aussi, peut-être davantage, de la masse des infrastructures patrimoniales associées à une religion donnée.

Il s'agit ici de sauvegarder une mémoire du passé, un trésor foncier patrimonial. À part les bâtiments religieux, qu'avons-nous, au Québec, comme trésors patrimoniaux?