Lettres: Cherchez l'erreur

J'ai vu La Neuvaine, que j'ai beaucoup aimée, avec Élise Guilbault au sommet de son art. Mais j'ai tiqué quand la grand-mère a dit: «C'est plus facile de faire le bien quand on a la foi». Il ne faut pas savoir penser pour avaler cette couleuvre.

Les Américains, qui ont «rencontré» Jésus et se sont autoproclamés «People of compassion», sont le pays le plus meurtrier des dernières décennies. On y atteint des sommets d'insensibilité, de racisme et de paranoïa. Au Québec, nos aînés pratiquants, eux, se déclarent volontiers dépositaires du bien, après avoir rendu leurs enfants fous et suicidaires.

On ne sait par quoi remplacer le sacré qu'on a évacué? Pauvres petits nous! Je ne suis pas convaincue que je fais le bien et je ne mets pas Dieu dans mes textes. Mes trois vertus théologales sont l'humain, la vie et le beau travail, non ce triage entre bons et méchants qu'on pratique encore et qui empeste l'égocentrisme.